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Sin
Piedras
diary 003
20.05.2004
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Yazan (à la caméra) et l’un de ses petit
frères avec les
techniciens de l’équipe.
© Sin Piedras
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Nous nous rendons chez Yazan sur le coup des onze heures du matin avec l’idée de le filmer pendant qu’il s’occupe de ses animaux fort nombreux. En effet il y a chez lui trois chameaux, un cheval, un coq, une volière quelques chiens et quelques moutons dont il s’occupe chaque jour. Arrivé sur place nous discutons un moment avec Kayed, le père de Yazan, que nous trouvons avec le visage blême et triste d’un homme fatigué et dépité. Il nous explique qu’il n’a pas dormi à cause des soldats et des colons qui ont passé la nuit à tourner autour de sa maison, sans aucune discrétion.
Nous ne saurons certainement jamais les raisons de cette présence mais nous nous rendons compte que nous allons devoir faire notre travail le plus rapidement possible si nous ne voulons pas créer de graves problèmes à la famille de Yazan. Kayed nous explique également que chaque soir, il doit fermer tous les volets et, une fois fait, frapper trois grands coups contre la porte afin que les soldats de la tour de contrôle sachent que tout est fermé sans quoi, dès que la nuit tombe, ils entrent dans la maison pour voir pourquoi ils n’ont pas accompli le protocole d’usage.
Vu la situation de la vieille et les tensions de ses derniers jours, nous décidons de tourner uniquement les scènes à l’intérieur de la maison afin de ne pas provoquer le voisinage.
15 heures, fin du tournage, nous aurions souhaité pouvoir travailler un peu plus mais Kayed nous demande, gentiment, si l’on peut s’arrêter là, afin qu’il puisse se reposer. Nous sortons donc de chez eux par le chemin de terre qui longe la route bitumée des colons lorsqu’une voix résonne derrière nous. C’est une voix qui vient des haut-parleurs qui se trouvent sur la tour de contrôle des soldats, en face de chez Yazan. Fawaz, notre traducteur qui parle couramment arabe, anglais, français et hébreu nous explique, en souriant, qu’ils s’adressent à nous et qu’ils nous disent, d’une douce voix chantante: “Hey Fuckers! Fuckers!”
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Notre traducteur Fawaz avec Quim, l’un des réalisateurs
et Kayed (le père de Yazan) dans la chambre des enfants
pendant le tournage. © Sin Piedras
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Fin de journée, il est temps de se rendre au coffee shop, boire le thé, fumer un Narguilé et retrouver la gentillesse et l’hospitalité palestinienne tout en préparant le tournage de samedi.
Mr.Z
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