Sin Piedras diary, introduction
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Sin Piedras diary 011

31.05.2004

 

La cérémonie matinale dans la cour de l’école de Yazan. On peut voir Yazan de dos (avec la salopette) et son cousin qui est le seul qui regarde la caméra.

© Sin Piedras

   
 
 

Sortie de la prière à la mosquée d’Abraham.

© Sin Piedras
   
 
  Les tombeaux de deux des fils d’Abraham dans la mosquée.

© Sin Piedras

   
 
 

Deux fillettes dans la mosquée.

© Sin Piedras

Suite aux émotions de ce samedi et à la fin des festivités juives que nous ne saurions molester, nous avons décidé de prendre congé pendant la journée d’hier. Ce fut un beau dimanche relaxant et nous avons profité pour aller visiter la mosquée d’Abraham. Cette dernière, tristement célèbre, n’est pas seulement la mémoire de tragiques événements mais elle est également le symbole de l’unité de l’ensemble des religions. Ironie du sort, ces dernières sont, aujourd’hui, en conflit devant ses portes. Que diraient Abraham, sa femme et ses fils s’ils pouvaient se lever de leur tombeau et devaient, pour sortir de l’édifice qui les protège, passer par trois check points, deux détecteurs de métaux et quelques fouilles à en faire pâlir leur Linceul!

Mais là n’est pas le sujet du jour puisque aujourd’hui nous sommes lundi et que le retour au travail fut une réalité indéniable. Armé de ma caméra, me voilà, avec le reste de l’équipe de Sin Piedras, sur la route de l’école pour la dernière fois puisqu’aujourd’hui, les élèves reçoivent les résultats des examens et commencent les vacances d’été. Jusqu’ici nous avions presque réussi à nous faire accepter dans leur entourage quotidien, à tel point qu’ils en arrivaient à oublier notre présence et celle de la caméra. Mais ce matin entre le stress des résultats et l’excitation des vacances le spectacle était des plus rocambolesque!

C’est donc après avoir lutté contre une armée d’enfants tous plus désireux d’être caméraman les uns que les autres que nous avons commencé à tourner. Échauffement avec la cérémonie matinale habituelle: chants, discours, lever du drapeau et, ce matin, remise de cadeaux de fin d’année pour les élèves de troisième et de sixième uniquement. Puis nous entrons en classe, en file comme tout le monde dans un silence relatif jusqu’au moment ou le professeur entre en classe avec, dans les mains, un bloc de feuilles. Sile nce général! Bref discours, la salle de moins de trente mètres carrés abrite en général une trentaine d’élèves et l’ambiance y est lourde malgré le petit ventilateur suspendu au plafond qui essaye lamentablement de brasser le peu d’air qui s’y trouve. Mais la lourdeur de cette journée était décuplée par la tension ambiante ainsi que par le fait que de nombreux petits étaient venus accompagner leur grand frère.

Début de la répartition des résultats et augmentation progressive des décibels au grand dam de notre chef son. Cris, joies, pleurs, chacun sort de classe la tête plus ou moins haute. Yazan, quant à lui, après s’être battu avec un compagnon de classe qui lui avait craché sur sa feuille, a pris le chemin du retour avec l’air satisfait de quelqu’un qui a réussi.

Nous lui avons quand–même demandé s’il était content de ses résultats bien que son visage nous donne la réponse, son discours fut: «je suis content mais je penses que si les soldats et les colons ne passaient pas leurs nuits à tourner autour de ma maison m’empêchant de dormir et sans tous les problèmes que nous avons chez moi dû à l’occupation j’aurais pu faire mieux».

Mr Z
 
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