Sin Piedras diary, introduction
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Sin Piedras diary 019

15.06.2004

 

Yazan et ses frères jouant au foot dans le jardin

© Sin Piedras

 
  Yazan avec un de ses chameaux et la Tour de contrôle en arrière-plan. © Sin Piedras

Avant-dernier jour de tournage de Sin Piedras ! Après tant d'émotions, de désespoir, de luttes, de joies et bien d'autres sentiments que je ne saurai citer faute d'espace et de peur de fatiguer le lecteur, nous arrivons petit à petit au bout d'un rêve qui au premier abord nous paraissait presque inaccessible.

C'est donc avec ces sentiments non dissimulés que nous nous rendons chez Yazan accompagnés de Monica et Manar, deux jeunes filles qui travaillent pour IPYL, l'ONG avec laquelle nous collaborons sur place. Leur présence est indispensable pour que nous puissions filmer et interviewer la mère de notre protagoniste qui s'était montrée quelque peu réticente à se faire filmer par une équipe de tournage composée de quatre hommes dont la finesse n'a d'égal que leur sensibilité féminine! Afin de faciliter les choses et respecter la timidité parfaitement compréhensible de cette dame, nous allons sur place fixer le plan avant de laisser les femmes discuter calmement entre elles.

Il faut avouer que ce fut une matinée très agréable. Pendant que ces dames discutaient et faisaient le pain sous l'oeil attentif de notre caméra, toute l'équipe s'évertuait à trouver des jeux pour occuper les enfants jusqu'au point où je ne sais pas qui s'amusait le plus, eux ou nous... Étonnement les soldats semblaient s'être lassés de nous interroger à tel point que l'anecdote du jour fut le spectacle d'une brigade repoussants deux jeunes colons qui avaient décidé de passer leur matinée à jeter des pierres aux Palestiniens de passage !

0Pour clore cette chaude journée, nous avons emmené Yazan "voir la mer". Il faut savoir qu'un Palestinien né à Hébron ou dans quelconque autre lieu de Cisjordanie ou de Gaza, n'a, en aucun cas, le droit de se rendre sur le territoire israélien, pas même à Jérusalem. Étant donné que la Mer Morte est contrôlée par les israéliens et que les plages y sont payantes et interdites aux Palestiniens il nous restait une seule solution. Nous avons pris la route qui mène à la sortie d'Hébron jusqu'à un point où cette dernière est coupée par un "Road Block", autrement dit, une montagne de terre et de détritus empêchant quelconque véhicule de continuer son chemin. Du haut de ce monticule, Yazan nous indiqua l'horizon où, si l'on regardait bien et avec beaucoup d'imagination, on pouvait distinguer la mer Méditerranée.

"Avant, mon père travaillait là-bas. Tous les jours, il faisait le trajet de Hébron à Tel-Aviv, maintenant il ne peut que très difficilement sortir de chez nous sans quoi les soldats pourraient occuper la maison."

Z
 
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