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Sin Piedras diary 024
30.06.2004
Aujourd'hui, j’arrive au terme de mon aventure dans cette ville hors du commun qu’est Al Khalil (Hébron). Après six semaines de tournage avec l’équipe de Sin Piedras, je suis dans un minibus qui nous mène jusqu’à Jérusalem d’où nous partirons pour quatre jours d'expédition à travers de la Cisjordanie. À la fin de ce périple, nous prendrons l'avion pour Barcelone.
Comment est-il possible de conclure une expérience aussi forte et singulière qu’a été ce tournage? Peut-être n'est-il ni nécessaire ni possible de mettre un point final à tout cela! Peut-être que cette lueur d'espoir lu dans les yeux de Yazan et de son père Kayed n'était pas seulement l'espérance d'un meilleur avenir mais également l’assurance que les liens qui nous unissent sont désormais scellés à jamais. Hier, lorsque je suis allé dire au revoir à la famille, j'ai passé près de deux heures à jouer avec Yazan, ses frères et ses cousins. Pendant un instant, je suis retombé en enfance, ce qui ne me demande en général que très peu d'effort. Pourtant cela m’avait été impossible à vivre depuis mon arrivée dans les territoires palestiniens occupés. Comment aurais-je pu me laisser aller à l'innocence enfantine sur une terre ou il ne se passe pas un seul jour sans qu’une ou plusieurs fois, un soldat armé jusqu'aux dents ne vous fasse un contrôle d'identité? Comment aurais-je pu oublier les témoignages des gens que j'ai rencontrés? Comme, par exemple, celui d'Abud qui s'est retrouvé nu au milieu de la rue sous la pluie en plein hiver durant plus de trois heures pour un simple contrôle d'identité! Comme celui de Tarek, gérant d'un hôtel, qui riait avec ses employés assis dans la réception pendant que les chars israéliens détruisaient les trois derniers étages de son édifice.
Ce que les medias du monde présentent comme un conflit n'est autre qu'une occupation illégitime dont la seule résistance de la part des palestiniens se traduit par leur refus de quitter la terre de leurs ancêtres. Ces mêmes palestiniens qui nous ont répété mille et une fois que toute personne, qu'elle soit blanche, noire, jaune, rouge, musulmane, chrétienne, juive, ou quelque autre dénomination que l'on veut bien lui donner sera la bienvenue chez eux. Ils lui ouvriront leur porte et partageront sans hésitation la nourriture de leurs enfants. Mais seulement si le visiteur ne vient pas armé d’un M16 et accompagné par des chars et des bulldozers. J'ai découvert ici une culture que l'on me dépeignait comme extrémiste et violente et qui en fait est tout le contraire de cela. Je ne pense pas que nous puissions, nous européens, garder autant de calme et de patience face a une situation identique. Le peuple Palestinien est admirable, respectueux et persévérant dans une lutte où il a été abandonné par la communauté internationale et aussi par la plupart des pays arabes.
Pour conclure je souhaite également souligner le magnifique travail des activistes israéliens qui luttent contre la politique de leur gouvernement ainsi que celui de toutes ces personnes venues des quatre coins du monde lesquels, avec leur simple présence, rendent difficile une guerre aveugle de la part de l'armée israélienne.
Avis aux amateurs...
Mr.Z
" J'ai appris une chose et je sais en mourant qu'elle vaut pour chacun: Vos bons sentiments, que signifient-ils si rien n'en paraît en dehors? Et votre savoir, qu'en est-il s'il reste sans conséquences? Je vous le dis: Souciez-vous, en quittant ce monde, non d'avoir été bon, cela ne suffit pas, mais de quitter un monde bon!"
Bertold Brecht
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